Café, Office Boy, MVC, DataBinding et Pavlov

Le billet suivant relate une anecdote durant la mission que Cegedim m’a confiée à Bengaluru(Bengalore), Inde.

D’abord voici le contexte :

Le mode de développement de cette application devait suivre un modèle de conception très connu : le Model-View-Controller (ou MVC). Pour résumer, le principe est assez simple : quand on veut afficher quelque chose(disons une page web…), il faut séparer ce quelque chose (le modèle ou plus simplement les données) avec la manière dont va l’afficher (le thème, l’agencement de la page, etc. donc la vue) ; à cela on ajoute grosso-modo la prise en charge de la navigation et des clics de souris (le contrôleur).

Précisons tout de suite, pour les puristes que ceci est une tentative de vulgarisation ; je ne cherche pas à expliquer le MVC :P

Si vous ne comprenez pas, alors cet article va d’autant plus vous intéresser (du moins je l’espère… :) )

Il n’y a ici rien de technique, en fait c’est l’explication d’un aspect technique à l’aide de mon environnement qui a un intérêt (enfin je trouve)

Culturel ensuite ; la société indienne s’inspire principalement de la société américaine que ce soit dans la manière de travailler, la façon d’appréhender le management, etc. Mais c’est aussi le rêve américain et ce qui l’accompagne qui intéresse les habitants de ce pays en pleine émergence.

C’est ainsi qu’il existe, au sein de l’entreprise indienne pour laquelle j’ai travaillé, un “Office Boy” chargé de tâches ingrates comme d’apporter le café directement à droite du clavier. C’est assez courant en fait, c’est souvent lié aux histoires de castes. En France, on appelle ça un stagiaire. Mais c’est plus cher.

Mon équipe ne comprenait pas le modèle MVC et notamment le concept de DataBinding, très cher à Flex. Le DataBinding c’est lier une donnée à un écran, une vue, une page d’une application : si la donnée change, l’écran se met à jour tout seul sans programmation additionnelle (pour le néophyte qui s’est perdu jusque là, sache que non tout cela n’est pas magique, en général il faut mettre de l’intelligence pour que la donnée s’affiche !!! )

Après moult tentative d’explication à base de schémas compliqués, j’en suis arrivé à m’arrêter sur ce que faisait l’office boy :

Je lui demande du café -> il monte chercher du café à la cafétéria -> il rempli la tasse de café -> il re-descend au niveau de l’open space -> il me donne mon café

Voilà, le MVC : je suis la vue, mon cerveau (l’utilisateur) demande du café, je demande du café au contrôleur (l’Office Boy), il sait où le chercher.

Il monte à la cafétéria (qu’on peut voir comme une base de données), remplit un récipient de café (le café, c’est le modèle), redescend me donner le café.

Comme je suis bien élevé, je dis “merci” contrairement à cette ingrate de Vue qui en général ne répond rien au Contrôleur quand celui-ci lui apporte son Modèle sur un plateau.

Tout ça pour dire que cet exemple simple de la vie quotidienne indienne m’a permis d’expliquer simplement en 5 min un concept que beaucoup de gens mettent un temps certain à comprendre en ne lisant que des schémas compliqués. Ou trop simplifiés.
Me vient une réflexion :Le DataBinding est en fait un réflexe Pavlovien : c’est le mouvement qui accompagne ma gorge à la tasse de café.

CQFD.

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.